La Compagnie de la Baie d’Hudson a annoncé, le 8 mai 2002, sur les ondes de CBC, qu’elle mettait fin à ses relations d’affaires avec un de ses fournisseurs du Lesotho, l’usine Sun Textiles, où, selon des enquêtes récentes de la coalition canadienne de défense des droits des travailleurs dans les pays en voie de développement (ETAG) et du gouvernement du Lesotho, de nombreuses violations des droits des travailleurs auraient été commises. Cette annonce de l’entreprise survient alors que la direction de la manufacture a signé, en mars dernier, une entente avec l’organisation syndicale Lesotho Clothing and Allied Workers Union (LECAWU) visant à améliorer les conditions de travail dans l’usine. Un autre accord, portant notamment sur la reconnaissance du syndicat comme représentant des travailleurs, n’a pas encore été ratifié.
Dans ce contexte, l’ETAG, estime que La Baie, plutôt que de rompre ses liens avec Sun Textiles, devrait poursuivre ses relations avec la manufacture et utiliser son influence comme acheteur pour régler les problèmes. D’ailleurs, le 15 mai prochain, Daniel Maraisane, secrétaire générale du syndicat LECAWU sera à Toronto dans le but de demander à l’entreprise de renouveler son contrat avec l’usine Sun Textiles si cette dernière respecte l’entente signée avec le syndicat ainsi que le droit des travailleurs à élire les représentants de leurs choix.
La Fédération des travailleurs et travailleuse du Québec (FTQ) a également exprimé son désaccord avec la décision de l’entreprise. Le président de la FTQ, M. Massé, a déclaré, par la voie d’un communiqué de presse rendu public le 9 mai, que : «nous ne voulons pas que La Baie ou d’autres entreprises adoptent la solution simpliste de se débarrasser tout simplement de fournisseurs ne respectant pas en tout ou en partie ces principes. Nous ne voulons surtout pas qu’une entreprise tente de régler son problème de fournisseurs fautifs en se tournant vers d’autres fournisseurs où la situation des travailleurs pourrait être pire, mais non connue». Il propose plutôt que l’entreprise prenne des mesures incitatives pour encourager ses fournisseurs comme Sun Textiles à améliorer leurs pratiques et normes de travail.
La Fédération a par ailleurs lancé un appel à tous les fonds de retraite disposant d’actions de La Compagnie de la Baie d’Hudson et de droits de vote pour qu’ils appuient, le 22 mai prochain, la proposition d’actionnaires qui demande, entre autres, que la compagnie amende son code de conduite relatif aux contrats d’achat afin qu’il soit rendu conforme aux principes de l’Organisation internationale du travail et à sa Déclaration sur les principes fondamentaux et les droits du travail, et qu’elle se dote d’un système de vérification indépendant.
Disons enfin que la section canadienne francophone d’Amnistie Internationale a aussi recommandé aux investisseurs de voter en faveur de la proposition d’actionnaires visant La Compagnie de la Baie d’Hudson.
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