Lors d’une consultation populaire le 2 juin, plus de 93 % des citoyens du district de Tambogrande, au nord du Pérou, se sont prononcés contre le développement de mines dans leur région. Le taux d’abstention était de 26,8 %. Cette consultation a été organisée par la municipalité de Tambogrande, à la suite de plusieurs années de controverse entourant l’exploitation de gisements miniers riches en or, cuivre et argent, situés sous la ville de Tambogrande et les terres agricoles avoisinantes.
Le projet de mine à ciel ouvert présenté récemment par Manhattan Minerals, une entreprise de Vancouver, prévoit la relocalisation de près de 8000 habitants et l’expropriation de plusieurs terrains. Plusieurs habitants s’inquiètent du risque d’accidents et de la contamination des eaux souterraines, dans cette région dépendante de l’agriculture. De plus, d’après certains, les projets prévus d’agriculture biologique ne pourront aller de l’avant avec la venue d’une mine dans la région.
Cette consultation municipale, qui marque un précédent au pays, a été vivement critiquée, étant donné que l’étude de l’entreprise canadienne sur les impacts environnementaux et sociaux n’est pas encore terminée et ne sera rendue publique qu’à la fin du mois. Selon Manhattan Minerals, les citoyens ont été victimes de désinformation de la part des opposants et ne peuvent pas prendre une décision éclairée. Pour les dirigeants de la municipalité, qui éprouvent peu confiance à l’égard du gouvernement national, cette consultation représente un exercice démocratique auquel les citoyens ont droit.
Notons que la consultation ne possède aucune valeur légale. En effet, le gouvernement national péruvien détient l’autorité en matière de concessions et de permis d’exploitation minière. Il sera toutefois politiquement extrêmement délicat de permettre l’exploitation de cette mine dans le contexte d’une telle opposition. Le dépôt de l’étude d’impacts sera suivi de trois audiences publiques, au cours d’une période de 60 jours. Le gouvernement devra ensuite prendre une décision qui permette de gérer le conflit local, tout en évitant d’effrayer l’investissement étranger dans cette industrie jugée prioritaire à l’économie du pays. Ajoutons que 25 % des intérêts dans le projet, pour ses deux premières phases, reviendraient à l’agence minière étatique, Centromin Peru SA.
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