Dans un communiqué de presse datant du 10 décembre 2004, le conseil d’administration de la Fair Labor Association (FLA) a annoncé le rétablissement du statut d’entreprise participante de Gildan, suspendue provisoirement en juillet 2004.
La FLA justifie sa décision en affirmant que la compagnie a entrepris « des actions substantielles » dans le but de satisfaire aux six exigences de la FLA, imposées le 26 octobre 2004, en rapport avec les points suivants :
- reconnaître publiquement, entre autres sur son site Internet, qu’il y a eu des restrictions à la liberté d’association à son usine d’El Progreso, au Honduras ;
- corriger sur son site Internet les fausses déclarations qui laissent entendre que Gildan satisfait aux normes de la FLA ;
- corriger ses fausses déclarations sur la position de la FLA ou sur la position de Gildan à l’intérieur de la FLA, par l’envoi d’avis écrits aux médias spécifiques qui ont véhiculé ces fausses affirmations ;
- communiquer efficacement à ses employés honduriens son engagement envers leurs droits syndicaux ;
- démontrer la réalisation d’un plan d’action concernant les mesures correctives qui devraient être mises en place, qui incluent : le paiement des arriérés de salaire et des indemnités de cessation d’emploi aux 39 employés honduriens qui ont été congédiés en novembre 2003 en raison de leurs activités syndicales ; et l’achèvement de la formation sur la liberté d’association donnée par la firme Verite, destinée aux travailleurs et aux gestionnaires de ses installations au Honduras ;
- s’engager dans un échange constructif avec le Maquila Solidarity Network sur les enjeux reliés à l’application des normes de la FLA.
Dans son communiqué, la FLA demande à la compagnie, dans le cas où celle-ci s’apprêterait à ouvrir une nouvelle usine au Honduras, d’engager prioritairement les travailleurs ayant perdu leurs emplois lors de la fermeture de l’usine d’El Progreso en juillet 2004. À ce propos, la compagnie a annoncé le 13 décembre, qu’elle comptait bien ouvrir une nouvelle usine au Honduras et qu’elle s’efforcerait « de donner priorité aux employés de l’usine de couture d’El Progreso ».
Fait important à souligner, la compagnie reconnaît, dans une déclaration publique émise sur son site Internet en novembre dernier, les restrictions à la liberté d’association survenues à l’usine d’El Progreso au Honduras, dont a fait état le rapport de vérification de la FLA, et s’engage à faire respecter la liberté d’association de ses employés dans toutes ses opérations. De même, selon les informations dévoilées par la FLA, Gildan s’engage aussi à faire connaître à tous ses employés au Honduras son engagement à faire respecter leur droit à l’association par le biais de son code de conduite.
De son côté, le Maquila Solidarity Network (MSN) reconnaît les démarches positives entreprises par Gildan dans le but de préserver son statut de compagnie participante auprès de la FLA. MSN invite la compagnie à travailler avec la FLA, le Workers Rights Consortium ainsi que des ONG honduriennes dans le but de faire respecter ses engagements dans sa nouvelle usine et appelle Gildan à réembaucher les employés licenciés en juillet 2004. Le Maquila Solidarity Network (MSN) souligne, par ailleurs, que plusieurs actions correctives, telles que le paiement des arriérés de salaire et des indemnités de cessation d’emploi aux 39 employés honduriens qui ont été congédiés en novembre 2003 en raison de leurs activités syndicales, doivent encore être vérifiées par la FLA. Enfin, MSN rapporte le congédiement de plusieurs syndicalistes dans une usine produisant exclusivement pour Gildan au Nicaragua. Mis au courant de ce fait, Gildan aurait accepté de rencontrer les représentants syndicaux au Nicaragua afin de faciliter la réembauche des travailleurs congédiés.
Rappelons que les allégations du congédiement des sympathisants syndicaux survenus depuis novembre 2002, ainsi que le refus de Gildan à mettre en place une procédure de vérification et de correction transparente, ont conduit au désinvestissement du Fonds de solidarité (FTQ) ainsi qu’à celui de la firme d’investissement socialement responsable Real Assets.
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