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11 juillet 2002

64 ONG s’opposent au financement public du projet d’oléoduc Bakou-Tiblissi-Ceyhan

Groupe investissement responsable

Soixante-quatre organisations non gouvernementales (ONG), issues de 37 pays, principalement européens, ont demandé aux institutions financières internationales, comme la Banque mondiale, et aux Agences bilatérales de crédit à l’exportation (bilateral export credit agencies), telles que la United States Export-Import Bank, de ne pas accorder de financement au projet d’oléoduc Bakou-Tiblissi-Ceyhan, mené par British Petroleum (BP).

Dans une lettre adressée notamment à la Banque mondiale, à la Banque européenne d’investissement et à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, les ONG ont souligné le manque de transparence du projet et précisé que les impacts sociaux et environnementaux n’ont pas encore été complètement évalués. Par ailleurs, elles doutent que le projet d’oléoduc réponde aux préoccupations des communautés défavorisées qu’il traversera, qu’il s’agisse de l’approvisionnement en énergie ou de la création d’emplois.

Les ONG expriment également leur inquiétude quant au fait que l’oléoduc, qui partira de l’Azerbaïdjan, traversera une partie de la Géorgie et terminera son parcours en Turquie, exacerbe les tensions dans des régions qui se remettent à peine de nombreux conflits majeurs. Selon un porte-parole du Kurdish Human Rights Project, le pipeline pourrait militariser un corridor de la mer Caspienne à la Méditerranée. Le groupe d’organisations craint enfin la corruption qui pourrait entourer le projet et les revenus qu’il générera, compte tenu de l’exemple apporté par des projets pétroliers similaires dans des pays tels que le Nigeria, l’Angola et l’Indonésie.

Les ONG demandent qu’aucun fonds public ne soit disponible pour le projet, à moins que des conditions rigoureuses quant au respect des droits humains, au développement et à l’environnement soient respectées.

Le projet d’oléoduc de BP a obtenu le soutien des administrations américaines successives. Il implique également Italy’s Eni, Statoil of Norway et Unocal. Le coût de sa construction est évalué à environ trois milliards de dollars américains et, selon le directeur de BP, sir John Browne, 70 % de ces coûts devraient être couverts par des prêts, dont ceux d’institutions financières internationales et de Agences bilatérales de crédit à l’exportation.

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