La Fair Labor Association (FLA), une organisation américaine de certification des entreprises, a divulgué pour la première fois, le 4 juin dernier, les conclusions de vérifications indépendantes d’usines qui fabriquent des vêtements ou des chaussures pour Adidas-Salomon, Levi Strauss, Liz Claiborne, Nike, Reebok International, Eddie Bauer et Phillips-Van Heusen.
Ce rapport de la FLA fait état de toutes les violations à son code de conduite relevées au cours de 185 vérifications d’usines annoncées ou non, entre le 1er août 2001 et le 31 juillet 2002, dans trente pays à travers le monde. Entre autres violations des droits des travailleurs, les vérificateurs indépendants embauchés par la FLA soulignent le cas de travailleurs vietnamiens forcés de faire des heures supplémentaires ; de travailleuses vietnamiennes et philippines congédiées parce qu’elles étaient enceintes ; de travailleurs philippins dont le salaire d’une journée est coupé de 30 % lorsqu’ils arrivent avec une demi-heure à une heure de retard au travail ; de travailleurs au El Salvador congédiés parce qu’ils ont tenté de former un syndicat ; etc.
La FLA, qui a avisé les entreprises et les propriétaires des usines de ces violations, a également présenté les gestes posés par les compagnies pour corriger ou adoucir les problèmes soulevés. Le résultat des vérifications indépendantes de chaque usine, le relevé des violations et les efforts déployés par les entreprises pour se conformer aux dispositions du code de conduite de la FLA sont publics et peuvent être consultés sur le site Internet de la firme.
Il est à noter que la publication de ce rapport public fait suite à la décision de la FLA, annoncée en avril 2002, d’accroître la transparence, l’indépendance et la portée de son code de conduite. Elle s’est ainsi donnée l’autorité de conduire des vérifications, de faire appel à des vérificateurs indépendants et de choisir les installations qui seront visitées.
Il y a trois ans, la FLA a été créée en 1998, à l’initiative de Bill Clinton, par douze compagnies du secteur du vêtement et des chaussures, 179 collèges et universités, des groupes de consommateurs, des groupes de défense des droits humains, des droits des travailleurs et des droits des femmes. L’objectif principal poursuivi était de s’attaquer aux conditions de travail dans les ateliers de misère, par la création d’un code de conduite uniforme et d’un processus de vérification.
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