Dans un communiqué de presse rendu public le 30 avril, Droits et Démocratie, une organisation non gouvernementale canadienne, a annoncé qu’elle avait informé Talisman Energy de Calgary qu’elle risque d’être poursuivie devant la nouvelle Cour pénale internationale (CPI) si elle ne cesse pas de se rendre complice de violations des droits humains au Soudan.
Talisman est propriétaire de 25 % des actions de Greater Nile Petroleum Operating Co., qui exploite un projet pétrolier, auquel participe également la société d’État pétrolière soudanaise Sudapet. Plusieurs groupes de défense des droits de la personne dénoncent le fait que la pétrolière soutienne indirectement la guerre civile et les violations des droits humains au sud du Soudan. Selon Droit et Démocratie, des rapports produits par les Nations Unies et des groupes de défense des droits humains confirment que les revenus du pétrole alimentent le conflit.
Talisman, qui est présentement poursuivie devant une cour new yorkaise, pourrait, en vertu du Statut de Rome de la CPI, être également jugée devant la CPI, de même que devant les tribunaux canadiens, puisque le Canada a ratifié le Statut de Rome et l’a intégré dans ses propres lois. La présidente du conseil d’administration de Droits et Démocratie a déclaré que «selon le Statut de Rome, il est clair que les dirigeants et employés de sociétés privées qui facilitent, soutiennent ou encouragent la commission d’un crime couvert par la CPI sont passibles de poursuite au criminel». Elle ajoute que c’est précisément le type d’accusations qui est porté contre l’entreprise.
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