L’assemblée annuelle des actionnaires du 28 janvier a été le théâtre d’une contestation du PDG de Métro, Pierre H. Lessard. Cette contestation était basée sur la décision prise par le conseil d’administration qui a demandé à Lessard d’exercer ses options représentant une valeur de 27 millions $, options qui lui avaient été octroyées dans les années passées.
Outre les nombreuses questions des actionnaires, la contestation s’est matérialisée par une mise en candidature supplémentaire à un poste de directeur soumise par Yves Michaud. En plus des 12 candidats proposés par la direction, les actionnaires pouvaient voter pour cette treizième candidate. Cette dernière a reçu un peu plus de 16 millions de votes, dont probablement la moitié sont imputables aux votes détenus par le Regroupement des marchands (7,3 millions). Par ailleurs, environ 53 millions de votes ont été enregistrés pour Lessard sur un total de 98 millions de votes. C’est donc dire que probablement plus de 25 millions de votes ont fait l’objet d’une abstention incluant les votes de Jarilowski et Fidelity qui avaient annoncé leur intention de s’abstenir de supporter la liste soumise par la direction.
Dans le contexte où la candidate proposée par Yves Michaud n’était même pas présente et qu’aucune intention de sa part n’avait été signifiée avant l’assemblée, le résultat obtenu de plus de 15 % des votes est relativement élevé. Si les marchands et les petits actionnaires regroupés au sein de l’APEIQ décidaient de lancer une offensive mieux orchestrée l’année prochaine, le vote des contestataires pourrait être plus menaçant et provoquer des négociations préalables à l’assemblée.
L’autre leçon à retenir de cette assemblée, c’est qu’il est nécessaire d’agir pour réduire l’émission des options aux dirigeants plutôt que de tenter de bloquer l’exercice d’options déjà octroyées. L’une des façons pour un investisseur de modérer l’émission d’options pour les hauts dirigeants est d’exercer ses droits de vote avec vigilance au moment où les modifications aux régimes d’options sont soumises pour approbation lors de l’assemblée des actionnaires. La Bourse de Toronto oblige les entreprises à soumettre au vote, lors de l’assemblée, une opération entraînant l’émission de nouvelles options faisant en sorte que le nombre d’actions qui pourraient être exercées dépasse 10 % du capital actions en circulation ou 5 % dans le cas où les options sont destinées à un seul initié. Le problème est que les caisses de retraite et autres fonds importants lèguent trop souvent leurs droits de vote à des gestionnaires de portefeuille appartenant à des banques, elles-mêmes plutôt généreuses en matière de régimes d’options pour les dirigeants.
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