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14 mai 2002

Des ONG nord-américaines et européennes réclament une enquête indépendante sur les événements de 1996, en Tanzanie, impliquant une société minière canadienne

Groupe investissement responsable

Une mission d’enquête internationale vient de rendre public son rapport sur les allégations de déplacement forcé de population et de massacre à Bulyanhulu, en Tanzanie, en 1996. La mission, organisée par des organisations non gouvernementales nord-américaines et européennes, était composée notamment de représentants de MinesAlertes Canada, des Amis de la Terre (É-U) et de Droits et Démocratie.

La mission avait notamment pour but d’apporter des éclaircissements sur les événements de 1996. Rappelons qu’en août 1996, les autorités de Tanzanie ont procédé à l’expulsion d’une communauté de mineurs artisanaux installés dans la zone aurifère de Bulyanhulu, afin de permettre à Sutton Resources, une société minière canadienne, d’exploiter le gisement. Selon des témoins, plus d’une cinquantaine de mineurs auraient été enterrés vivants quand Sutton a comblé les petits puits de mine. De plus, les expulsions auraient été brutales et abruptes ; la population déplacée de force n’aurait également jamais été indemnisée. Bien que réclamée par plusieurs observateurs, dont Amnistie internationale et un juge tanzanien, aucune enquête indépendante n’a été menée sur les faits allégués.

À la lumière de l’entretien avec Mark Bomani, ancien juge et procureur général de Tanzanie, des quelques témoignages recueillis, en dépit des difficultés causées par les policiers, sur les expulsions, la violence et la brutalité des policiers et des agents de Sutton, ainsi que du traitement que leur ont réservé les autorités tanzaniennes et les policiers, les membres de la mission sont arrivés à la conclusion «qu’une enquête publique, approfondie, transparente et impartiale s’imposait de toute urgence de manière à calmer les tensions et faire la lumière sur les allégations».

Dans leurs recommandations, les membres de la mission soulignent que «des mesures devront être prévues pour assurer la protection de tous les témoins éventuels» et qu’il faut que l’organisme Lawyers Environmental Action Team (LEAT) «et les autres organismes tanzaniens qui enquêtent sur les allégations puissent poursuivre leurs efforts sans entrave et sans faire l’objet de harcèlement». Ils interpellent enfin le gouvernement canadien pour qu’il appuie l’appel en faveur d’une enquête publique indépendante et offre son entière coopération au cours de l’enquête, compte tenu du rôle important joué par une entreprise canadienne et des représentants fédéraux en rapport avec la mine de Bulyanhulu.

Le groupe Sutton appartient maintenant à Barrick Gold.

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