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14 novembre 2003

Le Fonds de solidarité vendra ses actions de Gildan

Groupe investissement responsable

Après une controverse de plus de deux ans sur les conditions de travail dans les usines de Gildan au Honduras, le Fonds de solidarité (FTQ), un des actionnaires importants de l’entreprise qui possède près de 11 % des actions (2,5 millions d’actions d’une valeur de 90 millions de dollars), vient d’annoncer la vente de ses titres et le retrait de son représentant au conseil d’administration de Gildan. Le fonds annonce par ailleurs la vente graduelle de ses actions selon «un échéancier opportun».

Cette décision est surtout justifiée par le refus de Gildan de satisfaire aux demandes du Fonds en matière d’embauche des employés congédiés en raison d’activités syndicales, une pratique en violation du code de conduite du Fonds adopté en 2001. En effet, l’ONG canadienne Maquila Solidarity Network, dans un rapport publié le 24 novembre 2002, avait accusé Gildan d’avoir congédié 38 employés de usine d’El Progreso au Honduras, 10 jours après que ces derniers aient déposé une demande de certification syndicale auprès du ministère du Travail au Honduras.

Depuis deux ans maintenant, Gildan avait systématiquement refusé certaines recommandations du Fonds de solidarité : refus d’adopter le code de conduite du Fonds de solidarité ayant de meilleures normes sur les questions du salaire (reconnaissance du salaire de subsistance) et du respect de la liberté syndicale ; refus aussi de reconnaître le congédiement des employés au Honduras et de remédier à la situation. L’annonce récente de Gildan d’adhérer à la Fair Labor Association n’a pas semblé convaincre le Fonds (FTQ) de la volonté de changement affichée par la compagnie.

Cette annonce risque fortement de détériorer l’image d’entreprise de Gildan auprès, d’abord, des investisseurs, particulièrement ceux ayant une politique socialement responsable, et de tous les acheteurs institutionnels sensibles aux questions sociales, comme les employés syndiqués (à travers l’achat d’uniformes de travail) et les étudiants (avec l’achat universitaire).

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