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26 mars 2003

De nouvelles pressions sont exercées pour que British American Tobacco cesse de faire affaire avec le régime militaire birman

Groupe investissement responsable

À quelques semaines de l’assemblée générale annuelle de British American Tobacco (BAT), des groupes de défense des droits de la personne ont accrû la pression pour que la compagnie de tabac retire sa participation à la coentreprise Rothmans of Pall Mall Myanmar, dont 40 % des parts sont détenues par l’entreprise d’État birmane Union of Myanmar Economic Holdings.

L’organisme australien Union Aid Abroad/Apheda a organisé des manifestations pressant la compagnie de mettre fin à ses relations avec le régime militaire de Rangoon. Cette demande s’inscrit à la suite de rapports de l’Organisation internationale du travail (OIT) et d’une enquête de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) portant sur le travail forcé au Myanmar.

En juin 2000, la Conférence internationale du Travail de l’OIT a adopté une résolution dans laquelle elle recommandait «à l’ensemble des mandants de l’Organisation, gouvernements, employeurs et travailleurs, d’examiner leurs relations avec le Myanmar (Birmanie) et de prendre des mesures appropriées afin que ces relations ne puissent être mises à profit par ce pays pour perpétuer ou développer le système de travail forcé…».

La CISL, de son côté, a publié, en octobre dernier, un rapport faisant état de l’accroissement du recours au travail forcé au Myanmar et de l’implication des entreprises multinationales. L’organisation syndicale concluait que «l’investissement des multinationales étrangères contribue à maintenir la junte en place face aux gouvernements du monde entier».

En dépit des pressions et des condamnations à l’égard du régime militaire birman, BAT a déclaré avoir l’intention de conserver ses parts dans Rothmans of Pall Mall Myanmar. Dans un entretien accordé à Inter Press Service, un porte-parole de BAT précise que la compagnie croit que la prospérité économique constitue un important catalyseur pour d’autres formes d’avancées sociales. En contribuant à l’économie du pays, l’entreprise favorise un plus grand respect des droits humains. BAT souligne également que son retrait de la coentreprise entraînerait la perte de bénéfices pour les populations locales, tels que le soutien à des projets touchant la santé et l’aide alimentaire.

Cette perception des bienfaits de la présence des multinationales étrangères au Myanmar ne trouve aucun écho du côté de la National Coalition Government of the Union of Burma, soit le gouvernement birman en exil, qui se réjouit au contraire des pressions exercées sur la compagnie de tabac.

De son côté, le directeur de la Burma Campaign UK, John Jackson, estime que 16 millions de dollars payés en taxes par BAT sont allés directement dans les coffres du régime. En réponse aux arguments avancés par la compagnie pour justifier ses relations d’affaires avec le Myanmar, il répond que les quelques projets communautaires de la compagnie de tabac ne sauraient compenser pour les dommages infligés par un régime militaire qu’elle aide à se maintenir au pouvoir.

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