Par sa reconnaissance des dangers du réchauffement climatique, son appui au protocole de Kyoto et ses investissements dans des énergies renouvelables, la société British Petroleum s’est forgée une réputation enviable auprès des investisseurs éthiques. Toutefois, des accidents tragiques survenus l’an dernier en Alaska et en Norvège, de même que l’implication de la compagnie pétrolière britannique dans le très controversé projet de pipeline transcaspien, ont écorché son image de marque.
Au cours de l’année 2002, plusieurs accidents se sont produits sur des sites d’exploitation pétrolière de la compagnie, mettant en cause l’insuffisance des mesures de sécurité. En Norvège, BP a même fait l’objet d’une sévère réprimande de la part de la Norwegian Petroleum Directorate. Ces événements ont mené bien des investisseurs éthiques à revoir leur position à l’égard de la compagnie. L’importante société britannique d’investissement Henderson Global Investors a ainsi décidé de se défaire de ses actions de BP, car, à son avis, elle ne pouvait plus assurer aux investisseurs que la compagnie tiendrait ses engagements pour assurer la sécurité des travailleurs et de l’environnement en Alaska. D’autres investisseurs majeurs en Grande-Bretagne, dont l’Église méthodiste et le Universities Superannuation Fund, ont exprimé des inquiétudes semblables et tentent d’obtenir des garanties de BP quant à ses pratiques. De plus, des organisations de défense de l'environnement, soit Greenpeace et les Amis de la Terre, ont lancé, le 22 janvier dernier, un appel aux investisseurs éthiques pour qu’ils vendent leurs actions de BP.
Le système de pipelines Azerbaïdjan/Géorgie/Turquie projeté par BP fait également l’objet de nombreuses critiques et actions, qui ternissent chaque fois davantage l’image de la compagnie. Des pressions ont récemment été exercées pour que les institutions financières internationales se retirent du projet.
Si BP ne semble pas prête à mettre de côté son projet d’oléoduc et de gazoduc caspiens, elle est néanmoins fort consciente des dommages causés à sa réputation par les accidents pétroliers. Pour le président de BP Alaska, Steve Marshall, il est clair que la compagnie ne peut se permettre de vivre une autre année comme celle qui vient de passer et qu’elle doit mettre l’accent sur la sécurité.
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