Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, le 14 avril dernier, les présidents de quatre syndicats, qui représentent plus de trois millions de travailleurs au Canada et aux États-Unis, ont demandé que soit réévaluée l’affiliation de Nike au Pacte mondial des Nations Unies (Global Compact). Rappelons qu’en adhérant à ce pacte, les entreprises s’engagent à intégrer à leur stratégie, à leur culture et à leurs activités neuf principes relatifs aux droits de la personne, aux droits des travailleurs et à l’environnement.
D’après les chefs syndicaux, la compagnie « viole systématiquement » le droit à la liberté d’association et à la négociation collective, pourtant reconnu par le Pacte. Pour étayer cette allégation, ils présentent le cas de Bauer Nike Hochey. Acquise en 1995, cette filiale de Nike procède actuellement à une restructuration qui aura pour effet la fermeture prochaine de deux de ses trois installations au Canada et une importante réduction de ses effectifs dans la troisième. Or, les quelque 1 100 employés travaillant dans ces installations sont les seuls travailleurs syndiqués de Nike.
Les syndicalistes demandent donc à l’ONU de rappeler la compagnie à l’ordre. Notons qu’une copie de la lettre des présidents du Congrès du travail du Canada (CTC), de l’Union internationale des travailleurs du verre, mouleurs, poterie, plastique et autres (GMP), de la section canadienne du Syndicat international des travailleurs unis du bois d’Amérique (IWA-Canada) et des Métallurgistes unis d’Amérique (MUA) a été envoyée à près de 1 300 des principaux actionnaires de Nike.
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