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11 juin 2004

En 2003, 99 personnes ont été tuées en Colombie pour avoir exercé des activités syndicales

Groupe investissement responsable

La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a publié, au début du mois de juin, son rapport annuel sur les violations des droits syndicaux. Le rapport trace un sombre portrait du traitement réservé aux syndicalistes dans de nombreux pays. Pour l’année 2003, 129 syndicalistes ont été assassinés à travers le monde, dont 99 en Colombie seulement. À ces morts s’ajoutent les syndicalistes victimes de menaces de mort, d’incarcérations, d’agressions physiques et de licenciements. Sans compter que, dans certains pays, la répression à l’égard des syndicalistes s’étend aux membres de leur famille.

La CISL montre du doigt tant les employeurs que les gouvernements. Le rapport souligne ainsi que «l’exacerbation de la compétition mondiale s’est accompagnée d’une détérioration des droits des travailleurs» et que «les gouvernements […] voient dans les syndicats un obstacle à leur développement économique ». Il donne ainsi l’exemple éloquent du président de l’Ouganda, qui a reconnu publiquement le licenciement massif de travailleurs en grève du secteur textile, car leur «action ferait fuir les investisseurs». La CISL a tout particulièrement souligné les graves violations des droits des travailleurs attribuables à des gouvernements, dont ceux de la Colombie, de la Birmanie, de la Chine, de la République de Corée, du Zimbabwe, etc.

Le rapport mentionne aussi les conditions très difficiles des travailleurs, principalement des femmes, dans les zones franches d’exportation. Le rapport note toutefois quelques avancées pour ces travailleurs, notamment ceux du secteur du vêtement au Honduras et au Sri Lanka. Autre lueur d’espoir : une première convention collective a été signée dans une zone franche d’exportation au Guatemala.

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