Le 22 mai 2002, les actionnaires de La Baie ont voté massivement en faveur de la proposition demandant à l’entreprise de faire respecter les normes de l’Organisation internationale du travail et de mettre en place une structure indépendante et transparente de vérification. Ce résultat, une première au Canada en ce qui a trait aux propositions sociales, survient après une campagne importante organisée par des ONG, des syndicats et des investisseurs canadiens.
Il faut dire que l’entreprise faisait face, depuis plusieurs mois, à une controverse entourant les conditions de production dans ses usines fournisseurs au Lesotho, en Afrique. En effet, plusieurs rapports d’enquêtes effectuées par des groupes de recherche européens (SOMO) et sud-africains, le ministère du Travail du Lesotho et enfin le groupe canadien ETAG, avaient relevé des violations graves des droits des travailleurs dans trois usines fournisseurs au Lesotho.
L’ONG canadienne Maquila Solidarity Network avait organisé une manifestation à Toronto, à l'extérieur du lieu où se déroulait l’assemblée annuelle, demandant à l’entreprise de continuer à faire affaire avec les usines au Lesotho afin d’y améliorer les conditions de travail. Il faut dire que la Compagnie de la Baie d’Hudson a annoncé, le 8 mai 2002, sur les ondes de CBC, qu’elle mettait fin à ses relations d’affaires avec un de ses fournisseurs du Lesotho, l’usine Sun Textiles. D’ailleurs, plusieurs organisations, dont la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), avaient exprimé leur désaccord avec la décision de l’entreprise. D’après Peter Chapman, du Shareholder Association for Research and Education (SHARE), qui a assisté à cette assemblée annuelle, la direction de La Baie s’est abstenue de faire des commentaires après ce vote.
L’an dernier, une proposition similaire visant l’entreprise avait obtenu 15 % de voix en faveur.
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