Le 20 mai dernier, à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires, 31,3 % des actionnaires ont voté en faveur d’une proposition demandant au conseil d’administration de la pétrolière américaine Unocal d’adopter un code de conduite, pour ses opérations internationales, basé sur les principes de l’Organisation internationale du travail (OIT), incluant notamment la liberté de former et joindre un syndicat, la liberté de négocier collectivement, l’interdiction du recours au travail forcé ou au travail des enfants. De plus, 4,47% des actionnaires se sont abstenus de voter. Une proposition similaire avait recueilli, l’an dernier, l’appui d’environ 23% des actionnaires.
Longview Collective Investment Fund, qui a déposé la proposition, faisait référence, dans son argumentation, aux activités fort controversées de la compagnie en Birmanie, un pays dirigé par une dictature militaire, largement condamnée pour ses violations des droits de la personne. Le proposeur soulignait tout particulièrement le risque que Unocal puisse être associée directement ou indirectement à ces violations et, conséquemment, que sa réputation soit ternie. L’American Federation of Labor – Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO), qui représente 13 millions de travailleurs, a soutenu la proposition et demandé à l’entreprise de revoir ses projets de nouveaux investissements en Birmanie.
La proposition a reçu officiellement l’appui de nombreux investisseurs institutionnels, tels que le New York City Employees’ Retirement System, le New York State Common Retirement Fund, le California Public Employees’ Retirement System (CalPERS). La société américaine indépendante de conseil aux investisseurs Institutional Shareholder Services Inc. (ISS) a également recommandé de voter en faveur de la proposition.
Selon Kenneth Zinn, coordonnateur régional en Amérique du Nord de la fédération internationale de syndicats ICEM, qui représente des millions de travailleurs à travers le monde, le PDG d’Unocal, Charles Williamson, s’est engagé verbalement à mettre fin à tout nouvel investissement en Birmanie et à regarder, très sérieusement, les enjeux abordés dans la proposition.
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