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6 janvier 2003

Un groupe de fonds éthiques demande à Dow Chemical Company de régler les poursuites en lien avec la catastrophe industrielle de Bhopal

Groupe investissement responsable

Un groupe de fonds d’investissement socialement responsable, qui gère globalement un actif évalué à 13 milliards de dollars, a envoyé une lettre à la firme Dow Chemical Company, dans laquelle il l’enjoint de régler les poursuites engagées contre l’entreprise états-unienne de produits chimiques Union Carbide à la suite du tragique désastre industriel de Bhopal, en Inde.

Les signataires de la lettre, parmi lesquels figurent Trillium Asset Management, Calvert Group, Domini Social Investments LLC, Ethical Funds, Harrington Investments et Walden Asset Management, demandent plus précisément à Dow, qui a acheté Union Carbide l’an dernier, de régler les réclamations inhérentes aux responsabilités de sa nouvelle acquisition sur le plan économique, environnemental et de la santé des habitants de Bhopal. On craint que Dow puisse perdre des milliards de dollars sur les marchés boursiers, si elle refuse d’agir.

Il y a 18 ans, des gaz toxiques se sont répandus dans la ville de Bhopal, après qu’une explosion se soit produite à l’usine de pesticides d’Union Carbide, faisant de nombreuses victimes. Le site n’ayant pas été assaini, les habitants de la ville sont encore exposés aux substances toxiques qui s’échappent du site.

La International Campaign for Justice in Bhopal, une coalition d’étudiants et de défenseurs de l’environnement, dont Greenpeace, accuse Union Carbide de ne pas avoir contrôlé les fuites de produits chimiques de son usine désaffectée de Bhopal. Le regroupement souligne que la contamination du sol et l’empoisonnement de l’eau sont responsables de la présence de mercure, de plomb et de composés organochlorés dans le lait maternel ; plusieurs morts et les souffrances actuelles de milliers d’autres personnes seraient attribuables aux centaines de tonnes de substances chimiques dangereuses encore présentes sur le site de l’usine. La coalition demande à Dow de subvenir adéquatement aux besoins en soins des survivants et d’assainir le site de l’usine.

Selon des documents internes d’Union Carbide récemment déposés devant la cour de district de New York, dans le cadre d’une action collective intentée par des survivants de Bhopal, la direction de l’entreprise a eu connaissance, depuis longtemps, des fuites de produits toxiques. En dépit de cela, elle n’a pris aucune mesure corrective ni publié aucun avertissement. Des ONG ont allégué que la compagnie avait violé les termes de son bail en rendant le site sans l’avoir décontaminé.

De son côté, le premier ministre de l’État du Madhya Pradesh, dont Bhopal est la capitale, a dernièrement annoncé que son gouvernement avait l’intention d’adresser une requête à la Cour suprême lui demandant que Dow paie pour le nettoyage du site, dont le coût pourrait s’élever, d’après Greenpeace, à 500 millions de dollars.

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