La société Procter & Gamble vient d’annoncer qu’elle introduirait du café certifié équitable parmi les produits de sa division spécialisée dans la vente de café, Millstone.
Cette annonce est le fruit d’un dialogue entre le plus important marchand de café aux États-Unis et des actionnaires, ainsi que des pressions exercées par des consommateurs, des organismes religieux et des groupes de défense des droits humains. Ceux-ci ont donc décidé de suspendre leurs campagnes contre Procter & Gamble, alors que Domini Social Investments et le Center for Reflection, Education and Action (CREA), qui sont à la tête d’une coalition d’actionnaires préoccupés par le commerce équitable, ont retiré la proposition d’actionnaires qu’ils avaient déposée sur cet enjeu.
D’après sœur Ruth Rosenbaum, directrice exécutive de CREA, le geste posé par la compagnie constitue un excellent exemple de ce qui peut être accompli quand des actionnaires collaborent avec des organisations sans but lucratif. De son côté, Oxfam a profité de l’annonce de Procter & Gamble pour demander aux géants Kraft et Nestlé, de même qu’au gouvernement des États-Unis, qu’ils s’attaquent aux iniquités structurelles qui piègent les petits producteurs de café dans un cercle de pauvreté.
Si plusieurs se réjouissent et considèrent la décision de la compagnie comme une victoire pour les petits producteurs de café dans le monde, d’autres demeurent méfiants. Equal Exchange a ainsi déclaré, le 16 septembre dernier, qu’elle jugeait fort mince l’engagement de Procter & Gamble. Calculant que moins de 1 % du café vendu par l’entreprise serait certifié équitable, la coopérative de travailleurs états-unienne estime qu’elle pourrait faire facilement beaucoup plus. Elle a donc lancé publiquement un défi à Procter & Gamble, s’engageant à verser 25 000 $ à un petit producteur de café de l’Amérique latine si la compagnie parvenait, pour l’année 2004, à égaler ses propres ventes de café équitable.
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