Dans un document publié le 11 octobre 2001, Amnistie internationale confirme sa demande qu’une enquête soit menée relativement aux meurtres et aux déplacements forcés de mineurs qui auraient été effectués en 1996, au profit de l’entreprise minière choisie par le gouvernement pour exploiter la mine de Bulyanhulu. L’entreprise ayant bénéficié de ces déplacements forcés serait Kahama Mining Corporation Ltd (KMCL), une division de la firme Sutton Resources Ltd. qui appartient depuis 1999 à Barrick Gold. Selon Amnistie, c’est une cinquantaine de mineurs qui auraient été enterrés vivants par des bulldozers remplissant les puits de mines (Amnistie 1997).
Ce document vient clarifier la position d’Amnistie internationale sur cette question, après qu’un article du Globe and Mail ait cité un conseiller de Barrick Gold affirmant que l’organisation de défense des droits humains avait mené une enquête non concluante sur les allégations de meurtres de mineurs. Le document publié le 11 octobre 2001 contredit cette déclaration de Barrick et réaffirme la position prise par Amnistie internationale dans un mémoire publié en 1998 concluant à la nécessité de créer une commission d’enquête ayant le mandat d’établir si les droits des mineurs ont été violés lors de cette opération d’éviction : «…les décès considérés accidentels étaient dans les faits clairement non accidentels et le résultat de deux décisions du gouvernement de Tanzanie : l’ordre d’éviction délibéré en violation d’un ordre de la cour ; et l’ordre délibéré de mener une opération de déplacements forcés en dépit des demandes répétées soulignant l’existence d’un risque pour la vie des mineurs».
En réaction à une lettre datée du 27 août 2001 signée par Pierre Pettigrew, ministre canadien des Affaires internationales, affirmant qu’une décision de la cour britannique avait déclaré «qu’il n’y avait pas de substance derrière les allégations de meurtres des mineurs tanzaniens», Greg Palast, le journaliste du Gardian de Londres visé par la poursuite de Barrick, affirme que l’entente ayant conduit au retrait de cette poursuite n’inclut aucune affirmation statuant sur l’absence de substance par rapport aux allégations de meurtres. Au contraire, selon Palast, la cour a ordonné à Barrick de ne pas utiliser la déclaration de la cour comme fait pour démontrer que les meurtres n’avaient jamais été commis.
Le gouvernement canadien pourrait éventuellement devoir tenir sa propre enquête sur la question, puisque Barrick Gold reçoit sans frais une assurance contre les risques politiques ayant une valeur de 117 millions de dollars américains, à travers le Programme de soutien aux exportations du gouvernement du Canada. La mine de Bulyanhulu représente environ 30 % des réserves d’or de Barrick Gold.
Sources : Globe and Mail, communiqué du Conseil des Canadiens et de Mining Watch du 27-09-2001, le conseiller de Barrick Gold Pat Garver, note de Greg Palast des Guardian newspapers (UK) transmise à Maude Barlow du Conseil des Canadiens le 28-09-2001, rapport annuel d’Amnistie Internationale 1997, «Amnesty International’s Position Regarding The Bulyanhulu Gold Mines Incident of August 1996.
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