Le 12 juin dernier, Domini Social Investments, qui gère le Domini Social Equity Fund, a fait le point sur la saison 2002. La firme a particulièrement salué le regain d’intérêt pour la responsabilité des entreprises parmi les actionnaires américains et mentionné la force inhabituelle des appuis pour plusieurs propositions d’actionnaires à caractère social ou environnemental, déposées cette année.
Certaines propositions d’actionnaires de Domini ont reçu un appui extrêmement élevé, en comparaison avec le passé. Adam Kanzer, directeur de Shareholder Advocacy de Domini, explique que la direction des entreprises est hostile à ces résolutions et qu’historiquement, elles n’obtiennent que rarement plus de 5 ou 10 % des voix, car plusieurs investisseurs votent selon les recommandations de la direction. La saison 2002 marque ainsi une rupture significative à cet égard ; la crise de confiance qui a suivi la débâcle d’Enron semble avoir alimenté le mécontentement des actionnaires et pourrait expliquer l’appui plus important à toute une série de résolutions abordant la question de la performance sociale et environnementale des entreprises. Les actionnaires ont regardé plus attentivement ces résolutions et conclu qu’elles soulèvent d’importants enjeux.
D’autre part, Domini souligne que le dépôt de plusieurs propositions d’actionnaires a incité des entreprises à amorcer un dialogue constructif sur des enjeux sociaux et environnementaux. Domini a ainsi retiré certaines de ses propositions et participe à de tels dialogues avec des entreprises telles que Gap, Walt Disney, McDonald’s, Sears, etc. Domini a par ailleurs pu vérifier l’efficacité de cette façon d’agir, quand Mattel a présenté, lors de son assemblée d’actionnaires 2002, un bref rapport en réponse à une proposition déposée, puis retirée, l’an dernier par Domini.
Finalement, Domini rapporte les progrès de sa campagne sur l’obligation de dévoiler le résultat des votes par procuration par les fonds mutuels. La firme rappelle, entre autres, que la Commission des valeurs mobilières américaine (SEC) a tenu récemment un sommet pour les investisseurs individuels où elle a manifesté un intérêt à étudier la question de la divulgation du vote par procuration par les fonds mutuels. Le président de la SEC, Harvey Pitt, a aussi souligné que le vote par procuration est une responsabilité fiduciaire des conseillers en investissement.
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