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3 juillet 2002

Pinault-Printemps-Redoute est jugée rétrograde, pour ce qui est de la responsabilité sociale

Groupe investissement responsable

Le 19 juin dernier, Pinault-Printemps-Redoute (PPR) et les autres entreprises multinationales françaises de détail ont été désignées comme les plus rétrogrades en ce qui a trait à la responsabilité sociale des entreprises, dans les pays de l’OCDE. À l’occasion d’une table ronde de l’OCDE sur la responsabilité des entreprises, le secrétaire général de l’organisation syndicale International Textile, Garment and Leather Workers’ Federation, M. Neil Kearney, a critiqué PPR pour des violations des normes du travail dans ses propres opérations et celles de ses fournisseurs.

M. Kearney a dénoncé l’attitude antisyndicale de l’une des constituantes de PPR, Brylane, et les conditions de travail pénibles et les salaires misérables chez ses fournisseurs indiens et indonésiens. Il a également fustigé certains des plus importants détaillants français, à la lumière d’un récent rapport sur les conditions de travail dans leurs usines fournisseurs.

En mars dernier, quelques-unes des plus grandes entreprises de détail en France ont communiqué les résultats de vérifications effectuées dans près de 300 usines, dans 18 pays, sur une période de plusieurs années. Ce rapport souligne que le recours au travail des enfants, des salaires de famine, de longues journées de travail et des conditions dangereuses pour la santé et la sécurité sont le lot de plusieurs usines vérifiées. M. Kearney soulève également que la vérification ne semble pas avoir tenu compte des conventions de l’Organisation internationale du travail et des lignes directrices de l’OCDE, incluant le droit à la liberté d’association ; c’est ainsi que les vérificateurs ont pu suggérer que les conditions de travail sont bonnes en Birmanie, un pays où la liberté d’association est bannie.

M. Kearney a aussi déclaré que les problèmes actuels de violations des droits des travailleurs sont le résultat direct des prix inadéquats et des horaires de livraisons irréalistes. La combinaison de ces deux facteurs incite les fabricants à appauvrir leur main-d’œuvre et à lui infliger un nombre écrasant d’heures de travail. Or, les détaillants, qui promettent davantage de commandes, ne semblent pas avoir conscience de cette problématique.

Pour le secrétaire général du syndicat international, les détaillants doivent prendre leurs responsabilités pour que les droits des travailleurs soient respectés partout dans la chaîne d’approvisionnement.

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