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1 octobre 2001

Première élection syndicale libre dans une usine sous-traitante de Reebok en Chine

Sherazad Adib

Les 5 000 travailleurs de l’usine chinoise Kong Tai Shoes (KTS), sous-traitante de l’entreprise multinationale Reebok, ont depuis le mois d’août 2001 des représentants syndicaux dont la grande majorité est élue par les employés et non plus nommée par le gouvernement local comme ce fut le cas auparavant. L’usine, située dans la zone industrielle Shenzhen, avait fait l’objet de nombreuses critiques de la part de divers organismes de droits des travailleurs, tels China Labor Watch et Hong Kong Christian Industrial Committee, en raison des mauvaises conditions de travail qui y régnaient. Selon ces organismes, les employés travaillaient 69 heures par semaine et gagnaient moins que le salaire minimum.

Après avoir pris connaissance des conditions de travail présentes dans cette usine, Reebok aurait pris l’initiative de contacter les dirigeants de l’usine pour leur demander d’accepter la requête des travailleurs de former un syndicat de leur choix. La directrice du programme asiatique des droits de la personne de Reebok, Jill Tuker, aurait, selon des leaders syndicaux, mis de la pression sur les dirigeants de l’usine afin de permettre la formation du syndicat. Depuis la création de ce nouveau syndicat, les conditions de travail se seraient améliorées, selon Zhao Fuguo, un représentant syndical, qui signale une augmentation des salaires et une réduction des heures travaillées. Pour Jill Tuker, les représentants syndicaux devront maintenant recevoir de la formation sur, entre autres, les lois chinoises en matières de travail.

L’organisation syndicale chinoise officielle All China Federation of Trade Unions (ACFTU) a approuvé la formation de ce syndicat. Le vice-président de l’usine a aussi déclaré que le management était prêt à collaborer entièrement avec le nouveau syndicat. L’entreprise Reebok considère actuellement la formation de syndicats similaires dans ses quatre autres usines sous-traitantes en Chine. Selon Jill Tuker, ce type de syndicat a déjà été formé avec succès en Thaïlande et en Indonésie.

Sources : Martin Wong, South China Morning Post, 23 septembre 20001 et Boris Cambreleng, Agence France Presse English, 26 septembre 2001.

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