Des citoyens camerounais et les Amis de la Terre Cameroun demandent de nouveau au Inspection Panel de la Banque mondiale d'annuler le financement du projet très controversé d'oléoduc qui traverse le Tchad et le Cameroun. Le Inspection Panel est une agence de la Banque mondiale qui reçoit les plaintes de citoyens envers les projets qu'elle finance. Le Inspection Panel a récemment statué que certaines des plaintes contre l'oléoduc étaient fondées et qu'il allait à l'encontre des normes fixées par la Banque mondiale. Malgré les critiques, celle-ci a décidé de continuer d'appuyer le projet.
Les militants accusent le pipeline, qui est déjà construit, d'avoir pollué les rivières, réduit la production agricole et entraîné des problèmes de santé cause de la venue dans la région de travailleurs atteints du sida. Certains propriétaires terriens se sont aussi plaints de n'avoir pas été convenablement dédommagés à la suite de l'arrivée de l'oléoduc sur leur propriété. De plus, le gouvernement tchadien a été accusé de corruption à la suite du détournement d'environ 20 millions $ de la Banque mondiale pour l'achat d'armements. La Banque mondiale, qui a offert de financer le projet à condition que 80 % des revenus soient investis dans la santé, l'éducation, l'agriculture et le développement rural, a reconnu cette faiblesse dans son projet de développement. Notons que le Tchad doit recevoir 1,7 milliard $US, sur une période de 27 ans, et le Cameroun 500 millions.
Le projet coûtera au total 3,5 milliards $US et doit commencer à livrer le pétrole provenant de centaines de puits au Tchad à la côte atlantique camerounaise en 2003. Les actionnaires du projet sont Exxon Mobil (40 %), Chevron Texaco (25 %) et Petronas, une société d'État malaisienne (35 %). Les trois compagnies procurent 97 % du financement pour le projet avec des prêts du International Finance Corporation et d'autres institutions financières. Les deux pays financent les 3 % restants avec des prêts de 140 millions $US de la Banque mondiale et de la Banque européenne d'investissement.
D'après le vice-président d'Exxon Mobil, Tom Walter, la société a fait preuve d'une pratique éthique exemplaire dans ce dossier. Plus de 1800 consultations préalables ont été réalisées, ce qui aurait permis à des milliers de citoyens tchadiens et camerounais de faire connaître leurs inquiétudes face au projet. De plus, environ 10 000 emplois ont été créés et 85 % des postes sont occupés par des travailleurs de la région. Finalement, le projet a des retombées économiques en entraînant des dépenses de l'ordre de 160 millions $US pour l'achat de biens et services locaux.
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