De plus en plus de grandes entreprises choisissent de produire des rapports sur le développement durable, à l’intérieur ou en plus de leurs traditionnels rapports annuels, dans lesquels elles rendent compte de leurs performances sociale et environnementale. Cette pratique, volontaire, est née de la demande grandissante d’informations d’actionnaires, de fonds préoccupés par l’investissement socialement responsable, de gouvernements et de citoyens. Selon Robert Massie, membre du conseil de direction de la Global Reporting Initiative, elle reflète également une prise de conscience de bien des entreprises qu’une bonne réputation est un atout majeur pour assurer leur réussite.
La Global Reporting Initiative (GRI), une institution internationale mise sur pied, entre autres, par l’Organisation des Nations Unies, et lancée officiellement en avril dernier, offre aux entreprises une aide pour la production de rapports sur le développement durable. Déjà, plus de 100 organisations, dont Ford, Canon, Proctor & Gamble et Nike, utilisent les lignes directrices émises par la GRI pour la production de rapports sur les aspects économiques, sociaux et environnementaux du développement durable. Un succès rapide qui n’a pas été sans étonner les membres de la direction de la GRI.
Si certaines entreprises en sont à leur première expérience, comme Ford India, qui vient de remettre un rapport d’évaluation au premier ministre indien, d’autres produisent des rapports traitant des enjeux sociaux et environnementaux depuis maintes années, telles que General Motors et Baxter International. Cette dernière, qui œuvre dans le secteur pharmaceutique, produit des rapports annuels environnementaux depuis une dizaine d’années. Selon l’un de ses représentants, ces rapports ont plusieurs retombées internes positives, entre autres une plus grande motivation des employés, une meilleure communication et une augmentation de l’efficience. De plus, fait notable, l’entreprise utilise ces rapports pour fixer des objectifs chiffrés qui toucheront l’ensemble de la compagnie.
Si plusieurs se réjouissent de l’engouement de nombreuses entreprises pour les rapports sur les performances environnementale et sociale, d’autres tiennent des propos plus nuancés. Pour certains écologistes, il s’agit là d’un pas dans la bonne direction, mais cela n’est pas suffisant. De l’avis de John Elkington, président de SustainAbility, un groupe de réflexion, firme conseil et groupe d’intérêt public, ces rapports n’offrent pas de garantie sur la direction adoptée par une entreprise. Il fait remarquer que le courtier en énergie Enron produisait de tels rapports. Il souhaite malgré tout que, éventuellement, certaines entreprises exerceront des pressions auprès des gouvernements pour qu’ils renforcent leurs lois sur la transparence.
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