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14 avril 2003

Des ateliers de misère en Jordanie, fournisseurs de Wal Mart, JC Penny et Target

Groupe investissement responsable

L’industrie jordanienne du textile a fort changé au cours des dernières années. Avant que George Bush père ne déclare la guerre à l’Irak en 1991, la Jordanie entretenait des liens commerciaux étroits avec ce pays. Mais depuis l’adoption d’un accord de paix avec Israël, en 1994, et d’un accord de libre échange avec les États-Unis, la Jordanie exporte de plus en plus de vêtements vers l’Amérique du Nord. D’importantes entreprises américaines, telles que Wal Mart, JC Penny et Target, ont maintenant des fournisseurs en Jordanie.

Selon le portrait tracé par CorpWatch, plus de 40 000 personnes peinent dans plus de 60 usines qui fabriquent des vêtements pour le seul marché américain. L’organisation non gouvernementale (ONG) souligne que ces usines, qu’elle qualifie d’ateliers de misère, appartiennent en grande majorité à des entrepreneurs chinois, taïwanais, coréens, indiens, pakistanais ou philippins, qui importent leurs employés ; des 40 000 travailleurs, moins de la moitié sont jordaniens. Quatre-vingt-dix pour cent des travailleurs sont des femmes âgées de moins de 22 ans et presque tous reçoivent le salaire minimum.

Les conditions de vie et de travail des employés sont déplorables et CorpWatch note que les travailleurs immigrants n’ont que très peu de droits. Ainsi, les propriétaires font affaire avec des agences chargées de recruter du personnel intéressé par un emploi dans leurs usines en Jordanie. Les nouveaux employés obtiennent un visa du ministère du Travail jordanien, qui leur permet seulement de travailler pour les usines qui sont venues les chercher, et reçoivent un billet d’aller pour la Jordanie. Le billet de retour n’est remis que lorsque l’employeur n’a plus besoin des services du travailleur. L’ONG donne ainsi l’exemple de 120 travailleurs du Bangladesh qui ont été sommairement déportés, le mois dernier, après avoir tenté de constituer un syndicat.

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